Le bidou (et autre nombrilisme)

20 Nov

Allez, un petit billet sur le bidou… tel que j’aime à le nommer… Le bidou, c’est moi, le ventre et le bébé dedans…

Il change encore de forme en ce moment. Selon la position de bébé, parfois il est très en avant, parfois il s’étale sur les flans. Parfois il est arrondi mais le plus souvent le sommet est légèrement aplati (j’ai inséré une photo plus bas pour illustrer).

Mon ventre est surtout bien plus lourd et tendu depuis ce 7e mois. Une tension permanente et dense, différente de celle que j’ai pu ressentir jusqu’à présent (comme après de longues journées de travail, par exemple).
Tout mouvement devient de fait plus compliqué et ma démarche – de canard, un fait…
En fait, je sais : je me sens pleine. Bébé a grossi.

Dans une semaine j’entre dans le 8e mois et je passe la 3e et dernière échographie obligatoire !!!
Jeudi prochain 🙂
J’ai vraiment hâte. Autant j’ai plutôt été gâtée les premiers mois avec 8 échographies là où certaines n’en n’ont que 2, autant depuis le 9 septembre  j’attends le réconfort de la prochaine échographie et le plaisir de revoir enfin bébé. Une dernière fois avant de le toucher bientôt.

Excepté la forme du nombril, pas d’autres changements que la pousse de petits poils hirsutes juste en dessous. Et pas de vergetures. J’huile mon ventre tous les jours. Je le trouve beau. Je regrette juste parfois de ne pas partager la générosité de ce corps avec un homme réceptif à cette beauté-là.

Il y a une semaine j’ai eu un flash. Jusqu’alors, la forme de ce ventre m’évoquait quelque chose de sympathique, sans identifier vraiment quoi.

Et voilà, j’ai trouvé ! Mon ventre ressemble à l’éléphant avalé par le serpent Boa. Je n’ai rien d’un serpent Boa et bébé n’a rien d’un éléphant si ce n’est la trompe.
Aussi, je suis allée rechercher cette image sur Internet, je vous la mets ici pour vous rafraîchir la mémoire :

Petit Prince Serpent Boa

Moi je ne digère rien ! Et surtout pas ce qui donne cette forme à mon chapeau… Heu! au bidou…

Voilà, bien souvent mon ventre ressemble à ça. Pas un chapeau, pas un boa, pas un éléphant non plus…

Juste le bidou, soit moi, le ventre et le bébé dedans. Je ne sais pas grand chose à vrai dire. Je sais seulement que le bébé est lové sur le côté droit du bidou. Dans mon imaginaire, bébé fait des roulades et parfois il se tient debout, les bras levés et écartés. Je ne sais pas s’il se dresse alors sur la pointe des pieds mais c’est dans cette position qu’il arrive très certainement à surélever le bidou par endroit !


Voici aussi une photo du bidou au début du 7e mois.

Il me semble énorme sur cette photo. Debout, il est bien moins proéminent.
Je crois.

J’ai peu de photos du bidou… Ou de moi enceinte d’ailleurs.

En voici une autre, à 5 mois.


Le bidou commençait seulement à se voir. Je crois que le bidou, chez moi est plutôt discret.
Bébé étant assez bas, tête déjà prête à aller on ne sait où, mon ventre ressort moins.
Enfin je le ressens ainsi. Ou l’imagine… Ses coups de pieds, ses coups de mains sont plutôt sourds et feutrés. Bébé est doux avec le bidou. Très actif, mais comme précautionneux !

Moi qui aurait rêvé faire une vidéo de l’évolution du bidou, de ces montages où défilent sous un même point de vue, le ventre, semaine après semaine…

Ou bien pour changer un peu, j’aurais photographié le nombril et son évolution !
Au départ telle une fente chez moi, il s’est arrondi au fil des mois. Je trouvais très amusant ce nombril devenu parfaitement rond vers le 6e mois je crois, perdant peu à peu son dessin sexuel pour, comme le reste se doter de pourtours maternelles.
Maintenant, voici que le nombril change encore de forme, tout tendu, son noeud interne finissant par se retourner, le nombril s’efface peu à peu de la surface du bidon.
C’est amusant quand j’y pense, ce petit noeud, témoin de ma naissance qui passe d’un état caché pendant tant d’années à celui d’exorbité, de surexposé, jusqu’à l’effacement alors que  je vais moi-même donner la vie…. A deux mois du terme, j’assiste comme à une éclosion !

On oublie tout ?

4 Nov

Je pense souvent à ça depuis quelques temps. Suffisamment régulièrement pour éprouver le besoin de poser quelques mots.

Je ne sais pas vous (vous qui partagez l’expérience de la maternité), mais j’ai l’impression d’avoir à lutter contre l’oubli, en sachant pourtant qu’il faudra en passer par là à un moment, et que c’est ce qu’ont vécu toutes les mamans autour de nous. Une vérité universelle. Puis un oubli universel. J’ai l’impression que toutes ces mamans-là ont oublié. Que l’ange pose bien son doigt sur la bouche de l’enfant né, mais les lèvres de la mère baisait aussi l’enfant au même moment.

Aujourd’hui ce blog, éloigné des considérations de départ, me donne la possibilité de conserver une trace de ce qui caractérise ma grossesse. Une grossesse. Et je m’étonne parfois de mots que j’ai pu poser à d’autres étapes de cette maternité. J’imagine que demain j’aurais oublié tant et tant de choses encore. J’oublie déjà hier. J’ai oublié avant. La douleur d’être « irreproductible », je suis en passe de l’oublier aussi. D’oublier vingt ans de souffrance. Est-ce que ça se remarquera ? Aurais-je encore le même regard sans cette tristesse-là ?

Mais je ne faisais pas référence à ça.

J’ai l’impression que la peur de l’oubli revient régulièrement au travers de mes billets, il rime avec étonnement, état constant qui caractérise bien une maternité.
Je n’écris pas assez par manque de temps ou parfois d’énergie. Je ne veux pas oublier pourtant ce lot de surprises, il y a tellement de choses que je souhaitais raconter. A mon âge, on ne joue qu’une seule fois. Il ne faudra pas aller trop vite, c’est mon seul et dernier tour de jeu. Je vais venir plus souvent… Le temps passe si vite. Je suis entrée dans le 7e mois il y a une poignée de jours.

Dans deux mois peut-être, dans trois mois certainement, ma grossesse prendra fin. Je n’en ai pas trop envie aujourd’hui. Je suis heureuse comme ça. Il reste si peu de temps. J’ai tant de choses à écrire encore. Tant de choses à ne pas oublier.

Bébé dedans. Est-on un ? Est-on deux ? Je ne sais, certainement quelque chose à mi-chemin, d’indéfinissable. Que je vis, donc que je sais, mais sans connaître.

Je me suis rapidement rendue compte, à écrire sur la grossesse, que les mots manquent pour cette expérience-là. J’ai souvent réappris aussi les mots. Surtout. Je prends chaque fois tant de plaisir à les redécouvrir, chaque mot semble correspondre à une étape dans ma transformation psychique. Le premier était « Je suis enceinte ». Il y a quelques mois encore, ceci m’aurait fait hurler (comment ça je vais changer ! Quel sectarisme ! ).
Ces mots sont en fait vides de sens lorsque l’on n’ est pas encore mère. Ils prennent un poids énorme ensuite. Comme tout pendant la grossesse, ils deviennent excessifs ; c’est la chair généreuse, les hormones débordantes, les rires expansifs, les pleurs débordants et les mots, donc, comme notre corps, trop étriqués pour tout le sens qu’ils contiennent alors.

Voilà. J’ai donc le sentiment que les mères à un moment donné oublient tout. Qu’il y a comme un grand silence ensuite. Je n’ai pas entendu les mots des autres. De ma soeur, de ma mère, des femmes… Ne faut-il pas parler de cette intimité ? Est-ce parce que l’on ne sera comprises que par nos semblables ? Ou peut-être ai-je entendu ces mots mais ils n’avaient pas encore tout leur poids d’aujourd’hui. Je ne les ai pas écoutés…
Je ne les ai pas lus non plus. Il ne me semble pas que la littérature regorge de ce type de témoignage. J’ai bien lu Nancy Huston il y a très très longtemps. Je n’ai pas envie de lire Marie Darrieussecq avant la fin de la grossesse. Je me souviens cela dit de sa pièce Bébé, interprétée brillamment par Lio. Elle m’a vue en larmes à la fin du spectacle, je n’avais pas entendu sa parole comme la mère que je deviens jour après jour, mais comme la femme irreproductible que j’étais alors.
Internet change les choses. Les femmes partagent à présent sans pudeur cette aventure des plus intime. Ont enfin une écoute, une réciprocité.
Mais je ne comprends par pourquoi ces récits ne sont pas davantage au centre de tout. Au centre du monde…

J’ai donc le sentiment que les mères à un moment donné oublient tout. Ça ne serait pas possible autrement… Comment « mettre au monde » sinon ? Quel déchirement, quel abandon de soi (de lui) !
Une sorte d’offrande à l’humanité, je t’en remets au monde, enfant. Je te dépose aux portes du monde. L’autre monde. Celui qui suit notre nuit de 9 mois. Je te donne la vie pour que tu vois le jour. La vie, je l’ai donné bien avant pourtant, voilà 6 mois.

On dirait qu’il existe une sorte de fonction reset au moment de la naissance, comme si tout (re)démarrait ou se (ré)initialisait. C’est donc que l’on oublie bien, avant. Le bébé comme la maman, il n’y a pas de mémoire de ça.

Comment se défaire l’un de l’autre sinon ?

Enceinte, on a cette impression d’avoir la réponse à une question essentielle. On ne connait pas cette question, mais c’est une évidence, on est une vérité en soi. Le paradoxe, c’est que lorsqu’elle éclatera au grand jour, il semblerait que tous oublient. On sait, mais on ne sait rien. On incarne, mais on explique rien. Et en plus on oublie. On est aussi ignorante qu’avant alors qu’on a traversé une grande vérité, quelque chose de prégnant, d’inestimable, d’inimaginable et d’extraordinaire.

J’ai créé un nouveau mot clé, « accouchement ». Je commence à y penser de temps à autres. Ce sera la dernière étape de ce paysage-là. Ensuite, ce sera autre chose…
Très peu de lectures cependant, je redoute Internet (et les « forums de l’horreur » dorénavant).
Ce qui coïncide aussi avec le suivi des consultations pour la préparation à l’accouchement chez une sage femme libérale. Quatre séances de 2 heures en tout. La deuxième concernait l’accouchement. Je n’assisterai pas à la troisième, il s’agit du père et de la mère dans la grossesse et lors de l’accouchement, c’est trop tôt pour moi pour penser à ça. Tous les papas étaient présents, je n’ai pas eu envie d’y participer seule. La quatrième séance parlera des soins à apporter au bébé.

Le bébé… S’il faut en passer par l’oubli pour « l’en remettre au monde ». Ce jour-là, je ferai comme toutes les mamans du monde…

Des mots…

21 Oct

… que l’on lâche un jour, petits cailloux qui dessinent peu à peu les contours du chemin qui se présente à nous :

« Mais tu sais que je ne veux pas d’autres enfants ». C’était lors de l’annonce de la grossesse, le 22/05. Des mots lourds, bien que sus, et sans appel.

puis un mois plus tard, jour pour jour, de tous premiers mots d’espoir qui ont littéralement emballé mon coeur. Il n’en a rien su. A l’époque, ces mots étaient tellement inattendus (et peut-être attendus ?) :

20/06 Chéri :
« Un bourgeon pousse par ailleurs,
une nouvelle branche là où l’on ne l’attendait pas.
Pour l’une inespérée,
pour l’un inattendue,
pour deux mains qui pourraient chanter. »

Des lendemains qui chantent…
Trois mois s’écoulent. Un trimestre. Le papa parle dorénavant du bébé (depuis le mois d’août et l’annonce à sa famille), est présent à nos côtés – enfin à mi-temps, soit autant que nos contraintes respectives nous le permettent. Il semble attendre la venue de son enfant. Semble être devenu l’homme d’une seule femme. S’il ne nomme pas encore son enfant ou ne le touche pas davantage, il prend très à coeur d’être impliqué dans sa paternité.

21/9 Chéri : « je me disais en prenant mon téléphone pour te dire combien je t’aime que je n’avais pas eu 5 mn pour te faire des bisouilles »

Me dire « combien il m’aime », je me souviens surtout combien j’ai été étonnée par ce SMS. Il veut me dire combien il m’aime, alors que je ne sais même pas s’il m’aime vraiment, « Ha ! Donc il m’aime tant ? ». Je me suis dis que c’était une formule… Ou bien que c’était pour de rire. Mais pas forcément pour de faux.

C’était il y a un mois. Pile.
J’ai toujours pensé que notre histoire était une bien jolie histoire. Elle a su, malgré l’urgence de la maternité, conserver toute sa douceur et sa lenteur.

Aujourd’hui, SMS, 21/10 Chéri : « … et suis pressé de te serrer dans mes bras ».

Là, j’ai dû penser qu’il culpabilisait parce que je venais de lui écrire qu’on se verrait samedi journée et non le soir car « on ne se voit pas beaucoup, c’est nul ». On sortait en effet de sa semaine « enfants » où l’on ne se voit pas du tout.

Et là… je me dis que j’ai peut-être un problème. Peut-être est-ce moi qui ne veut pas voir cet amour ; pourquoi est-ce qu’il m’étonne chaque fois ?
Je n’ai pas l’habitude des non-dits et Chéri ne m’a pas appris à lui faire confiance, au contraire. J’espère qu’un jour je saurais comment faire. Tout deviendrait si simple.

Alors moi maintenant j’attends le 21 novembre (y aurait-il des cycles hormonaux chez les hommes qui expliqueraient cet épanchement à dates fixes – hihi !), aux portes du 8e mois, pour le prochain petit mot, puis le 21 décembre… Enfin, j’espère ! Et peut-être le dernier petit mot, qui sait, de la grossesse !

Signe : un nom d’oiseau ?

9 Oct

J’ai rêvé de bébé cette nuit. C’est la deuxième fois. Enfin que je m’en souviens au réveil.

La première fois, il y a quelques semaines seulement, l’enfant devait avoir un mois, il était allongé sur le lit, au côté de son papa et moi-même. Tous trois étions aux anges à scruter le plafond de ma chambre. Bonheur parfait. Bébé très en avance pour son âge donnait des baisers. Il était extrêmement mignon, un bébé idéal(isé). Étrange de voir le visage de son enfant en rêve !

Cette nuit, ce n’était pas de voir son visage qui importait, et pour cause ce second rêve était une sorte de métaphore :  j’avais un petit oiseau sur l’épaule, ou bien posé ailleurs sur le corps, et qui m’accompagnait dorénavant partout. Je savais que c’était lui. Que c’était Bébé. Bonheur parfait encore une fois. Vais l’appeler mon pioupiou dorénavant !

J’ai attendu à mon réveil qu’il gigote. J’avais tendance ces derniers jours à le réveiller en posant ma main sur le ventre, mais je crois qu’il vaudra mieux le laisser dormir à l’avenir.

Je commence à lui parler un peu, notamment lorsqu’il est agité. Ça le calme. Je n’aurais jamais pensé qu’un bébé puisse vraiment être incarné de la sorte avant sa naissance… Pour moi, il est déjà là et je partage beaucoup avec lui. Je l’appelle BEBE puisque pour l’instant Chéri et moi sommes dans l’incapacité de tomber d’accord sur son prénom.

Du coup, lorsque Bébé à fini par se réveiller, (ça doit être la 3e fois que je joue cette scène ce mois), je lui disais « Est-ce que tu es Elliot », « C’est toi le petit Robin », puis de même avec Colin, Malo, Léandre et Nils, mais rien de magique ne se produisit chaque fois… Je ne sais pas, j’attendais peut être un signe de sa part (!) ou un déclic de la mienne, là maintenant ou en rêve une nuit, mais rien.
Je crois que j’ai besoin de le nommer. J’espère que le papa cèdera sur l’un de ces prénoms… Je sais qu’il ne supporte pas mes préférés, Nils et Elliot.

Après avoir écrit ces quelques lignes, et me disant qu’il devait bien exister un prénom qui emballe le père comme la mère, je me remets à une énième recherche de prénoms sur Internet. Je redécouvre Léandre (prénom mythique et antique qui signifierait L’homme Lion en Grec), ce prénom me plait de plus en plus mais est-ce celui de mon pioupiou ? Je reviens sur Robin aussi, j’apprends qu’il n’est pas plus d’origine anglaise que française puis, je suis frappée par ces lignes : « le substantif Robin, signifierait le rouge-gorge, en anglais ».

Si ce n’est pas un signe ça ! Le voilà le prénom de mon pioupiou !
Reste à en parler à Chéri…

(allez, on peut bien se raccrocher à ce que l’on peut lorsqu’aucune branche n’est à sa portée, hein…)

Petite mise à jour du lendemain soir.
J’ai vu Chéri entre temps, hier soir. Je lui ai reparlé des prénoms, lui faisant comprendre que ça devenait urgent pour moi car Nils était bien ancré.

Je lui ai donc ressorti toute ma liste de départ, enrichie des prénoms récoltés depuis.
Aussi, voilà donc qui succèdent à Nils Elliot Malo Colin : Robin Cosme Léandre, avec en outsider Malo.

Nous sommes d’accord sur le 2e et 3e prénom, Avelino, puis Nils (hihi).

44 ans/6e mois… Je fête mon « âge avancé »

27 Sep

Sur les forums, ou tout autre espace qui nous est consacré sur Internet, nous, les quadragénaires qui procréons sommes rangées dans les cases « enceinte après 35 ans », « grossesse après 40 ans », « grossesse âge avancé » (sic), ou encore « grossesse tardive ». Avec ce terme « tard » qui flirte avec l’expression « trop tard »… Donc tout ça étant synonyme de grossesses à risques… Alors on se retrouve, concentrées dans des espaces où un tiers des femmes ose enfin parler de son envie de maternité tardive (souvent elles ont refait leur vie et ont de grands enfants), un autre tiers dont je fais partie aujourd’hui témoigne de sa réussite pour montrer que c’est cliniquement possible, (avec certainement aussi une envie de faire avancer les moeurs), témoignage qui s’adresse au dernier tiers, avide d’espoirs pour émousser la souffrance d’un parcours déjà long et semé d’embûches…

Jusqu’à présent mon âge ne m’a jamais posé de problème. Enfin, je veux dire que je n’ai jamais senti de réaction particulière d’autrui vis à vis de ça. Et de mon côté, je ne me sens pas « âgée » ou mal à l’aise vis à vis de mon âge compte tenu cette maternité (peut-être n’y ai-je même jamais pensé d’ailleurs comme un handicap, enfin une fois l’enfant né, passée la grossesse). J’ai l’impression d’être comme à trente ans… Illusoire pour certains… Heu non je ne crois pas pourtant.

Pire, sur Paris, lors des rendez-vous à l’hôpital ou autres, je me suis toujours sentie dans mon éléments par rapport aux autres femmes. Pas plus âgée, pas plus jeune. Bref, vraiment rien de notable ! J’ai même souvenir d’avoir plusieurs fois dû souligner « parce que j’ai quand même 43 ans » lors de problèmes liés à la grossesse le premier trimestre.

On me donne fréquemment 5 ans de moins (voire bien plus), peut-être que ça aide aussi.
Étonnant comme cette phrase qui sonne comme une justification peut finalement donner raison à la société et remettre en question ma liberté de penser…

Le fait est qu’aujourd’hui je fête deux anniversaires : mes 44 ans et mon entrée dans le 6e mois ! J’aurais donc eu 44 ans pendant ma grossesse… argh!

Dire qu’on m’avait rabaché en Province qu’après 30 ans, une femme sans enfant n’est pas une femme « complète », donc « accomplie », puis que l’horloge biologique devait se situer autour des 35, voire des 40 ans (les moeurs évoluant un peu et étant devenue parisienne entre temps). Quel pied de nez au destin. Quelle société carcan !

Je n’ai pas envie de parler de cette horloge biologique dont on nous rebat les oreilles à partir de 35 ans. Qui bousille la vie de femmes (qui a salement bousillé la mienne). Je suis quand même tomber un jour sur une discussion d’une jeune femme de 30 ans, sur un forum, qui cherchait un géniteur occasionnel car elle pensait qu’elle allait rater le coche ! Elle la trouvé puisque quelques semaines ensuite elle était enceinte ! C’est plus qu’inquiétant.

A contrario, penser qu’à 44 ans on peut avoir un enfant comme à 30 ou comme à 20, n’est-ce pas suicidaire ? C’est laissé à penser aux femmes qu’elles auront la possibilité d’être mère quand elles le décideront, naïvement, avec une douleur ineffable lorsque la vie leur refusera dans bien des cas toute maternité.
Pas simple…

Donc j’ai 44 ans et j’ai un bébé de 6 mois dans mon ventre ! L’idée me plait. Et j’emmerde la société et les conventions.

Et aujourd’hui pourtant (enfin depuis une semaine), ce chiffre me semble lourd. Pas pour moi, car ça ne change rien et je suis toujours une femme qui m’envisage plus tard comme dynamique, jeune d’esprit et enthousiaste, mais plutôt pour la façon dont il pourra être reçu par les autres…

A Paris, c’est peut-être plus simple, les gens sont plus ouverts, l’âge de la maternité plus élevé. Lorsque les gens me connaissent, je ne pense pas qu’ils associent mon âge à un facteur négatif. Peut-être en son temps, oui, rapport aux risques durant la grossesse. Normal. Mais pour après, non.

Avec surprise, le fait d’écrire ce chiffre ici, 44…, ou bien de devoir le prononcer par ailleurs face à des inconnus, me gêne.

Très certainement parce que je n’ai pas encore fait ce chiffre mien, voilà tout – il a donc encore tout son poids d’années… Bientôt je m’y serai habituée comme mon feu 43.

Forcément certaines d’entre vous ne seront pas compréhensives. Je comprends que cet âge puisse impressionner, notamment les plus jeunes ou les plus conservateurs.

Après tout, et quand bien même d’ailleurs, j’ai eu cet enfant naturellement donc c’est bien que mon corps et donc mon mental est capable d’avoir un enfant à mon âge ! Heu… Pourquoi je me justifie encore là ?!

Allez, on sort les chiffres : 28 000 femmes âgées de 40 ans environ ont accouché en 2007 alors qu’elles étaient environ 8000 en 1978 – C’est énorme… En seulement 30 ans. Que dire de 2010, c’est exponentiel !!!

On sait que le stock d’ovocytes est entièrement constitué dès la naissance : tout au long de la vie, les ovocytes vieillissent et leur stock se réduit. C’est dingue ça ! D’ailleurs j’attendrais un fille, elle aurait déjà son enfant en elle. Un corps dans un corps et ainsi de suite… Vertigineux !
On sait aussi que l’âge de la ménopause recule. J’aimerais tomber sur des chiffres. La société elle-même change.

Pour celle qui me lise régulièrement, peut-être avez-vous perçu en moi un certain goût pour l’anticonformisme, voire une volonté réelle de faire prendre conscience aux gens du carcan dans lequel notre société nous enferme, et halte au fatalisme –  ben voilà, tout ça pour dire que mes 44 ans, je les aime et les assume (en fait). Et je m’en fiche comme pas possible. Je resterai jeune pour mon fils 🙂

hihi, « mon fils »… me fait encore tellement drôle de dire ces mots…

Je bogue & je bougonne

24 Sep

Bon y’en a marre. Depuis le week-end dernier y’en a marre. Je sais pas (plus) de quoi ou pourquoi, par contre…

Semaine pourrie. Trop de travail – des journées jusqu’à 12 heures. Suivies de pleurs de fatigue.

Dévisagée par les stigmates faciaux (sic) d’une forte somatisation. Et grosse fièvre mardi. Faut quand même sortir et se ridiculiser avec cette tête-là. Ça me gonfle. Je rate mes piqûres Lovenox, à nouveau des bleus.

Pfff suis seule. Personne ne me prend dans ses bras.
Chéri pas là cette semaine. Il a dit « on se voit trop », en même temps, on se voit pas cette semaine avec les grèves de transport et mon état pourri (merci les grève, l’a fallu que j’aille remplacer ma collègue en plus) et on se verra que 3 soirs la semaine prochaine… Du coup, ça fera 3 soirs en 2 semaines, je trouve pas ça trop… + un coup de fil… T’inquiète chéri, je râle mais c’est à moi que j’en veux. En fait… Même pas fêtés nos 1 ans, lundi dernier, 20 septembre…

Tout et son contraire, c’est mon problème.

Personne ne me comprend. Fais chier. Même ce blog tiens (ouste tout dans le même sac, à quoi ça sert, il y a de plus en plus de visiteurs et de moins en moins de commentaires)… Suis à cran, c’est la fatigue et j’ai beaucoup de témoignages de femmes à l’entrée du 6e mois qui me disent qu’elles sont dépressives. Elle arrive quand la prochaine crise d’euphorie ?

Pis pourquoi j’aurais pas droit à l’arrêt maternité moi hein ! Pourquoi j’ai créé cette boîte de biiiiiiiiip… Et pourquoi je peux jamais me plaindre ? J’ai pas envie de laisser bébé au bout d’un mois à une inconnue… Pourquoi j’ai aucune famille ici ? Insupportable cette histoire de mon boulot et du bébé… C’est injuste. Pourquoi tout est injuste ?

Lors d’un cap « n’importe quoi », faut pas faire attention à ce que dit la femme enceinte (c’est ça surtout qu’il faut comprendre, c’est qu’en vrai c’est pas grave – mais qu’en fait c’est très grave quand même, enfin sur le coup surtout, mais quand même un peu après aussi), faut juste attendre que ça passe…

M’en fiche, je vais valider ce billet ! C’est pas joli joli…

Voilà c’est tout… à bientôt, plus normalement… lorsque j’aurais fini ma bataille contre les moulins à vent 🙂

(bien sûr que j’ai de la chance d’avoir mon bébé dans mon ventre après toutes ces années, à mon âge – d’avoir un Chéri, gentil, qui ne voulait pas du tout du bébé et qui est encore là – d’avoir une boîte qui me fasse relativement bien vivre et tout et tout, je sais tout ça… Mais ça fait chier quand même, c’est tout !!!)

Rêvolution

14 Sep

Rêve, évolution, révolution… 🙂

Les choses évoluent tellement vite. Je ne parle pas seulement de mon corps ou de l’enfant. Neuf  mois c’est finalement si court.

Je ne poste certainement pas aussi souvent qu’il le faudrait ici, pour rendre compte de cette évolution. Celle de la grossesse, celle de la maternité. J’ai déjà peur que certaines choses ne soient plus valables. Vite les poser avant d’oublier et de passer à autre chose.

Je me rends compte chaque jour, du lien qui se tisse peu à peu, prégnant, sans compromis. Je ne pensais pas cela. Enfin bien sûr que si, mais pas comme ça, c’était intellectualisé. Cette animalité m’effraie parfois, je pensais être différente, je suis comme toutes, comme toutes les futures mamans que je croisais et chez qui je ne pouvais percevoir ce lien étrange et animal, au delà de toutes projections intellectuelles…

Pourtant, j’ai été moi-même 4 fois enceinte par le passé (sans connaître toutefois le 4e ou 5e mois où l’on devient vraiment mère dans sa chair). J’ai même un agrément d’adoption – qui implique une réflexion profonde de 1 an et demi sur des questions comme la filiation, l’éducation, sa propre condition etc. – mais certainement s’agissait-il à ce stade, de filiation, non de maternité… Sentir l’enfant grandir en soi (au sens propre)… dans son ventre, c’est ce qui change tout.

Il manque un mot dans le langage : Je vis, bébé vit. ok. Mais aussi, je vis bébé. Je le vis. Comme peut-être il me vit aussi. Il manque ce mot-là, que seule de futures mamans peuvent concevoir – bien sûr la langue a été écrite par des hommes…

Bref, je suis chaque fois étonnée de toutes ces choses si simples, et de leur exception lorsqu’elles deviennent miennes. Mais je sais aussi que j’oublierai bientôt chacun de ces étonnements, la vie lisse…

L’étonnement, la frayeur ou l’émerveillement, selon, de chaque première fois, chaque première pensée, chaque première prise de conscience, chaque pensée stupide parfois

« Tu es Malo ou Elliot ? Robin alors ?.. », « et si il n’arrive pas à sortir », « j’aimerais avoir du temps avec lui après la naissance », « c’est ton papa », « han et il aura des petits cheveux de nouveaux nés tout doux que je caresserai quand il sera contre ma poitrine », « et tu auras deux lits alors… », « une salopette verte », « peut-être qu’un jour son papa me remerciera de lui avoir offert ce fils », « et si la main de bébé dépasse parce qu’il sort tout seul, j’en fais quoi ? ». Arg!

La grossesse – j’ai envie de faire un point sur cette évolution dans un prochain billet, sur ces quatre mois écoulés. Certainement car je me situe dans la seconde moitié à présent (wow!, anecdotique diront certains mais riche de sens pour la femme enceinte que je suis).

Avant, j’avais une image de l’enfant, marchant à mes côtés. Une sorte de projection qui ne s’ancrait dans aucune réalité. Un rêve. Un vieux rêve. Depuis un mois, j’imagine le bébé dans mes bras, avec son père etc.

Il y a eu deux faits déclencheurs qui m’ont notamment fait basculer vers autre chose. Car au delà du timing, cette seconde partie est aussi une toute nouvelle façon de vivre ma grossesse, c’est à dire pleinement 🙂

C’est amusant, en y pensant plus précisément je m’aperçois que le premier fait a mis fin à une période de doutes, ceux de la « grossesse à risques » – il appartient d’ailleurs à la première période. Le second, lui, a initié la suivante, il est le point de départ d’une nouvelle histoire, ma maternité.

Le premier point, c’était l’amniocentèse et le quatrième mois. Une semaine après je partais rejoindre Chéri en avion. J’y suis restée 7 jours, et à mon retour – j’avais confiance. Je me suis autorisée à y croire. Je savais que les résultats de l’examen étaient bons, j’étais plus rassurée qu’une autre maman par ce suivi supplémentaire. Je savais que bébé était définitivement accroché, même à des km au dessus du sol, petit aviateur (c’est là que le prénom Nils s’est imposé à moi, lorsque je regardais au travers le hublot de l’appareil),  bébé persistait !

Ce mois-ci, on m’avait pour la première fois porté un regard de maman, que ce soit ma famille (la main de mon frère ou de ma nièce sur mon ventre), Chéri, sa famille (son neveu de 5 ans et ses baisers sur mon ventre) et le fait que d’autres personnes parlent de bébé… Je n’étais plus seule. C’était étrange, comme si d’autres en s’appropriant ma maternité, me permettaient de me l’approprier.

Quant à l’autre point : c’est le corps qui change, l’enfant que je sens. C’est bouleversant. C’est ce que j’évoquais au départ de ce billet.

Une fois quelqu’un, en commentaire, m’a parlé de ça, je n’avais pas compris à quoi elle faisait allusion à l’époque, la portée des mots. Je comprends maintenant, le plaisir de ce ventre. D’avoir l’enfant dans son ventre. D’en profiter avant la naissance. Tout ça. Nous sommes déjà mère.

Je me souviens très bien comme je n’ai pas été à l’aise la première fois que j’ai senti des bosses sur mon ventre. Mon ventre n’étant pas trop formé pour le terme (4 mois), sur le dos, on sentait très bien l’utérus et les rondeurs formées par le bébé.

C’était il y a plus d’un mois, début août, juste avant l’amniocentèse. Chéri était en vacances. Je trouvais un peu monstrueuses ces déformations dans mon corps à l’époque, c’était effrayant même, étrange, je ne savais pas trop si c’était lui ou non. Une bosse, dure. A divers endroits du bas ventre, près du pubis. Alors qu’aujourd’hui je le sens bien plus haut entre le nombril et le pubis.

Alors, étonnée mais décidée à jouer le jeu, on pose la paume de la main dessus la bosse.

Une première fois.

On a un peu peur. Parce qu’on prend conscience qu’il y a un autre corps dans soi, là-dessous. Puisqu’on le sent qui tend la peau. Ça n’est pas une image, c’est réel. Un corps fragile. C’est un peu monstrueux quand même. Mais on s’interdit l’idée. Donc, notre main sur la bosse, une première fois. Ça nous réconforte, peut-être bébé aussi. Du moins on s’en convainc. Et l’histoire commence ainsi, c’est ainsi que l’on accompagne pour la première fois bébé, et que plus jamais par la suite on ne lui lâchera la main…

Ce qui est étonnant aussi, c’est que l’on apprend seule. On sait, on ne sait pas comment, mais on sait.